Jean-Luc
Stratosphérique bleue et noire zébrée de rose
Mercredi 32 mai…jour de la décision.
Le flux est faible de secteur Sud virant bien plus bas. Ciel bien dégagé et soleil généreux le matin, même si quelques nuages l’affectent de temps à autres. Le vent souffle de secteur Sud avec des frissons glacés Nord-Est de 10 à 20km/h. La mer est belle à peu agitée. La mère est seule et un peu agitée. L'alizé modéré de secteur Est devient plus sec au cours de l’après midi. Après les bonnes averses de la fin de matinée, l'amélioration annoncée se dessine rapidement. En effet, les régions littorales, très sensibles, retrouvent de belles périodes ensoleillées, tandis que dans l'intérieur, les nuages restent plus nombreux et occasionnent quelques ondées, notamment cérébrale. La couverture nuageuse finit par déborder sur toutes les zones au fil des heures Rien ne semble pourtant vouloir bouger. En soirée, le ciel est bien dégagé à l'exception de la vision d’ensemble où les nuages, pris par le flux d'alizé, apportent quelques ondées ici ou là. Les cils sont mouillés et ils ne sont pas les seuls.
KHRONOS
KHRONOS premier
Le temps est comme une chanson, il berce, il enjôle, il charme, il hypnotise et, sans surprise, il se termine.
Le temps commence et fini. En tout cas pour nous, pour moi.
Nous l'imaginons...
Il a deux extrémités qui disparaissent dans l'ombre d’un tunnel.
Il est comme une ligne parfaite sur laquelle nous plaçons des repères. Les premiers et les derniers "quelque chose": une émotion, un malheur, un verrou cassé, une femme délicieuse, une femme mauvaise, un mépris, une gaffe, un espoir, une perte, un événement qui fit changer la couleur du jour, le ton de la conversation.
Nous l'imaginons comme un tas de cubes qui s'amoncellent de jour en jour, jour après jour. Il monte, il devient lourd. Alors il s'écroule, en vrac, informe, sur le sol, lui même constitué de cubes semblables.
Les cubes se mélangent, s’ordonnent et l'érection reprend, sans états d’âmes, sans bruit.
Le temps est con et jusqu’au-boutiste. Il veut toujours avoir le dernier mot.
Le temps est comme une vieille femme laide, sans enfant, stérile, célibataire, égoïste, bête et méchante,
et qui regrette de ne pas avoir su donner sa vie.
Le temps...
Il est comme une onde dont nous modifions constamment l'amplitude. Nous le créons, nous en sommes les maîtres ignorants.
Pouvons nous l'arrêter ?
Pouvons nous l'oublier ?
Et lui, nous oubliera t’il ?
KHRONOS deuxième
Le temps a des yeux de requin. Il est froid, méthodique, simpliste et affamé.
Il dévore sans distinction: homme, chose et pensée.
Il engouffre mécaniquement.
Il digère.
Il ne connaît pas le doute.
Le temps est un monstre aveugle et sourd.
C'est un serial killer...
Le temps est pur, cristallin, un tissu uniforme d'une essence parfaitement homogène.
Le temps n'a ni début, ni fin.
Le temps n'a ni naissance, ni mort.
Le temps est circulaire.
Le temps ne change pas.
Le temps ne vieillit pas.
Le temps ne subit aucune usure.
Il ne connaît aucune fatigue.
Le temps est un mouvement perpétuel.
Le temps est un mouvement circulaire.
Le temps est comme un grand sablier contenant un unique grain de sable. Ce sablier tourne en permanence sur lui même de sorte que le grain de sable se balance entre les deux réservoirs sans jamais en toucher le fond. Il oscille lentement, il flotte.
Il est comme un mouvement inachevé,
Comme un geste qui ne trouve pas d'aboutissement,
Comme une chute infinie,
Comme une promesse jamais réalisée,
Comme une prédiction jamais accomplie.
Le temps n’a que faire du malheur ou du bonheur des hommes, et rien ni personne ne peut lui échapper.
Le temps existe partout en même temps.
Le temps est immobile.
Le temps est un cercle...
KHRONOS troisième
Rythme et rotation
Rotation des galaxies
Rotation des planètes
Rotation des comètes
Rythme des saisons
Rythme du jour et de la nuit
Rythme de la naissance et de la mort.
Le cercle, encore et toujours. Unique, basique, imbriqué, comme les immenses rouages d'une horloge démesurée. La mécanique céleste glisse dans le silence du vide. Les cycles sont eux mêmes asservis par de plus longs cycles qui trouvent leur aboutissement dans des alignements, des oppositions, des quadratures et toutes sortes de points d'appui qui synchronise et relance le mouvement.
Le tissu dense de l'espace-temps se déforme, se tort, parcouru de lignes de force. Il est comme la surface d'une eau séparant matière/émersion et anti-matière/immersion. La trame du temps s’entremêle à la trame du néant comme un mode de l’être.
Monde matière en émergence et Attracteur étrange immergé.
Les êtres flottent entre ces deux états, par dessus et par dessous. Seule, la nature de leur manifestation décide de quel coté du miroir ils apparaissent. Ils peuvent ainsi osciller entre deux états/réalités en opposition de phase. Ils sont comme un objet virtuel pouvant successivement et simultanément, devenir eux même ou leur reflet.
La grande horloge cosmique tourne imperturbablement, parfaite modélisation du compte et du décompte du temps. Cercles dans les cercles. Rondes de fractales circulaires, ensembles et sous ensembles, champs infinis incluant d’autres champs infinis, découpages sans limite, empreintes inaltérables des innombrables fractions du temps.
Saurons nous lire l'heure avant que vienne la dernière ?
Les aiguilles de la grande horloge cosmique nous indiquent une
chose trouble, encore dans l’obscurité.
Elle seule peut nous donner le nom-sens de cet instant unique et
déjà passé, cet instant déjà mort avant d'être né.
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