Jean-Luc
Attache-moi, idiot
Dialogue téléphonique fictif faisant suite à un ligotage cérébral.
Protagonistes : Laure, chasseuse de cool (cf. identification des schémas)
Jean-luc, rêveur en glissade sur l'écume des jours (cf. L'idiot de D.)
- Laure ?
- Jean-luc !
- Tu m'as reconnu ?
- Non, mais mon téléphone est malin et il me dit qui m'appelle.
- Quand tu dis « malin », c'est par opposition à idiot ?
- Non, enfin, je ne crois pas. Malin n'est pas vraiment synonyme d'intelligent et sûrement pas le contraire d'idiot.
- Idiot, c'est quoi pour toi ?
- C'est sans doute quelqu'un qui ne comprend pas vite.
- Il ne comprend pas vite ?
- Disons moins vite que la moyenne des autres.
- Est-ce que pour toi l'amour rend idiot ?
- L'amour ?
- Oui, l'amour.
- Tu veux parler de ce genre d'amour incompatible avec le bon sens et la raison ? L'amour-passion, étourdissement hormonal dont les causes échappent généralement aux observateurs ?
- Tu crois que les idiots peuvent aimer comme ça ?
- Je me demande s'ils peuvent aimer autrement.
- Peut-on aimer autrement ?
- Quel rapport avec l'expo ?
- Ben, la nuit dernière, un truc est remonté à la surface.
- Ah !
- Oui, je crois que Zombre a mal compris quand tu as dit « Attache-moi, idiot », il a entendu « Attache-toi, idiot », il ne comprend jamais que ce qu'il veut.
- Zombre ? c'est qui Zombre ?
- C'est celui qui me regarde faire l'idiot, celui qui rigole et qui fait l'idiot pour moi quand je ne le fais pas.
- C'est un compagnon imaginaire ?
- Kafka avait le garçon nommé Corbeau. Moi, j'ai Zombre. C'est lui qui m'a choisi et c'est avec moi qu'il veut jouer.
- Bon, excuse-moi, j'ai du travail et je prépare une expo.
- Oui, pardon, je te laisse tranquille, je veux dire : je te libère.
- C'est ça, salut.
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